vendredi 22 mai 2015

J - 24 / Salon du Bourget 2015 - vendredi 22 mai


Un petit compte-rendu de la conférence du GIFAS d'hier concernant le Salon de l'Aéronautique et de l'Espace 2015
(voir aussi le sujet d'hier - cliquez sur ce lien en jaune )

Il s'agit de la 51ème édition du Salon.

Sur la durée du Salon, du 15 au 21 juin, il y aura les quatre premiers jours réservés aux professionnels (mais rien ne vous empêche de venir aux abords du Salon pour voir les avions qui feront aussi des présentations (nous ne sommes pas en meeting ;-) ) - les meilleurs ''spots'' sont au niveau du parc de la Courneuve - Aire des Vents (qui sert de Parking) et sur Dugny (vers le cimetiere) - mais chut ... je ne vous ai rien dit ;-)
Et les trois jours du week-end réservés au grand public et contrairement à ce que je peux lire parfois (et on en lit et on en entend des bêtises, même sur des soit-disant grands médias, ou de forums de gens ''bien avertis''), le grand public n'est pas oublié - ce n'est pas le parent pauvre du salon !

Je rappelle que c'est un salon et non un meeting aérien - un des buts premiers est de faire découvrir l'aéronautique et le domaine spatial à un public large et pas toujours, voir souvent, passionné par ces mondes. Ils viennent souvent les découvrir pour la première fois et c'est cela qu'il faut prendre en compte - et non, nos envies de passionnés ;-)
En lisant un peu plus bas, vous verrez que le grand public n'est pas oublié.

Revenons à cette conférence.

Le Salon de l'Aéronautique et de l'Espace reste, et de loin, le premier salon mondial de ce genre (bien loin devant Farnborough, ILA Berlin, Dubaï, ...). Le nombre d'exposants cette année est de 2 260 (+ 5% par rapport à 2013) de 47 pays différents et tout est complet sur les (environ) 130 000m2 d'exposition couverte et les 200 000m2 de statique.
Il y a 300 délégations officielles d'annoncées et 26 Pavillons nationaux. 

Concernant les visiteurs, cela reste encore le plus grand salon de ce type au monde avec une estimation de 140 000 visiteurs professionnels et 180 000 visiteurs grand public. Pour cette dernière catégorie, le temps pourra influer sur ces estimations.
Les visiteurs professionnels à ce jour enregistrés viennent de 181 pays différents.

Le marché de l'aéronautique et du spatial va bien, mais les industries manquent de personnels dans certains métiers - c'est pourquoi une partie importante de ce salon va concerner la communication autour d'une vingtaine de métiers essentiels à l'industrie qui recherche des opérateurs : soudeurs, câbleurs, monteurs, chaudronniers, etc ..., et qui recherche aussi des techniciens de productions dans certaines catégories. Le salon va donc accordé une part importante aux jeunes.

Pour ce faire, l'opération l'Avion des Métiers est renouvelée (celle de 2013 a été un véritable succès) avec une édition spéciale ''Métiers de production''. Elle sera au même endroit qu'il y a deux ans, à côté du Hall Concorde.
Une chaîne de production fictive est mise en place avec des éléments réels d'avion, de moteurs, d'hélicoptères, satellites et d'équipements. Des femmes et des hommes, salariés d'entreprises aéronautiques et spatiales seront présents et expliqueront leurs métiers aux visiteurs. Ceux-ci pourront également découvrir les formations et offres d'emplois autour du Forum Emploi-Formation situé juste à côté. Le vendredi, l'entrée du salon sera gratuite à tout visiteur étudiant (ne pas oublier son justificatif).
(Crédit : ©Yvan HINNEMANN/Charles GIAI – Gischia)
Le premier élément, central, de l'exposition est arrivé cet après-midi - il s'agit d'une partie d'un fuselage d'un Airbus A320.

Toutes les informations sur l'Avion des Métiers sur leur site :
(Arrivée du fuselage cet après-midi)

Il y aura également la finale du Rocketry Challenge qui se déroulera le vendredi 19 juin. Cette finale opposera la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon.

Le GIFAS et l'organisation du Salon organise une exposition intitulée Le Ciel de Demain - Aéronautique Environnement Recherche. Cette exposition de 300 m2 dans un pavillon dédié sur le statique (îlot B4) expliquera le rôle du CORAC (COnseil de Recherche Aéronautique Civile) concernant l'environnement, les innovations et la limitation de l'empreinte carbone des aéronefs.

Le Salon est très engagé dans l'environnement et la sécurité. 

Plusieurs événements sont prévus lors des journées professionnelles et j'y reviendra lors de mes compte-rendus journaliers.


Concernant le grand public, je vous disais que celui-ci n'est pas oublié. Quelques exemples de ce qui lui est réservé :

- Grande pelouse de 30 000m2 en bordure de piste pour pouvoir assister aux démonstrations aériennes
- Une tribune de plus de 3 000 places sur cette pelouse pour pouvoir encore mieux voir (assis et meilleure visibilité) - attention, il faut payer un supplément (voir sur www.siae.fr)
- Entrée au Musée de l'air et de l'Espace gratuite avec le billet d'entrée du salon
- Un programme de démonstrations aériennes spécifiquement conçus pour le grand public (voir un peu plus bas pour les avions présents)
- Beaucoup d'avions exposés en statiques également
- Les stands ne seront pas désertés (les exposants s'y sont engagés) le week-end afin que les visiteurs puissent aussi connaitre les différents acteurs des filières aéronautiques et spatiales (mais concernant les goodies, pas la peine de faire la chasse à ceux-ci, ils n'en auront pas tous, et la vocation d'un salon n'est pas une chasse aux souvenirs)
- Animations pour grand public, notamment aux pavillons du CNES et de l'ESA (Thomas Pasquet devrait être présent au moins un des jours du week-end)
- Et bien sûr, la Patrouille de France qui sera là uniquement pour le grand public

Comme vous pouvez le voir, le grand public n'est pas oublié, et vous pouvez venir en toute sérénité (ne vous laissez pas influencer par ce que l'on peut lire parfois)


Concernant la présence d'avions, et je sais que beaucoup d'entre vous attendent et les attendent avec impatience.

Pour le moment, il y en environ 120 appareils d'inscrits (volants ou statiques).
On va commencer par les ''mauvaises nouvelles'' : il n'y aura pas de F-35 américain, ni de démonstrations de chasseurs US, même s'ils seront présents en statique (faudra observer le ciel du Bourget avant et après le salon pour les voir en vol). Il n'y aura pas, non plus de chasseurs russes.
La liste définitive sera annoncée début juin.

Cela étant dit, et bien, une des grandes vedettes du Salon, ce sera bien sûr, le Rafale ! Qui fait un carton depuis le début de l'année. Voir petit sujet ici en cliquant sur le lien en jaune.

Parmi les appareils annoncés, il y aura l'Airbus A350, le tout nouveau Antonov AN-178 (voir lien plus bas), le Bombardier CS300, le Rafale, et parmi les nouveautés, le JF-17 pakistanais (qui volera tout les jours).
Le Scorpion Textron sera présent mais ne volera pas.
Il y aura des drones exposés mais aucun ne volera normalement (contraintes de vol avec Roissy à proximité et villes du Bourget et Dugny concernées).
Il y aura beaucoup d'appareils de la seconde guerre mondiale pour la commémoration des 70 ans de l'Armistice / Les avions Normandie-Niemen seront aussi représentés (en plus de Mémorial qui ouvre ses portes la semaine prochaine - j'y reviendrai).

Cliquez sur les liens en jaune
Rafale (J-43)
Airbus A350 (J-36)
Antonov An-178 (J-37)
(Scorpion de Textron / Crédit : Textron)
(JF-17 / Crédit : Pakistan Air Force)
Le Ministère de la Défense sera très présent avec la présentation de plusieurs appareils dont un A400M (sur le stand Airbus - il arrivera en volant), un Airbus A330 MRTT, un Fokker 100. Beaucoup de nouveautés seront présentés et une grande exposition sur les activités opérationnelles.

Malgré le fait qu'il n'y aura pas de démonstrations de chasseurs russes et américains, la présence de ces deux pays sera très forte dans les stands et/ou pavillons-chalets.


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Les deux premières statues de la façade de l'aérogare du Musée de l'Air et de l'Espace sont enfin en place - la troisième le sera mardi prochain (le 26) normalement.

Un article spécial avec toute les photos de cette renaissance de la façade sera publié la semaine prochaine sur Space Relics.

Des essais d'incendie - ouverture des fenêtres et trappes d'évacuation du système de désenfumage de la façade de l'aérogare - se sont également déroulés.


Photos : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 21 mai 2015

J - 25 / Salon du Bourget 2015 - jeudi 21 mai


Ce matin se tenait la traditionnelle conférence de presse du GIFAS concernant le Salon du Bourget (voir le compte-rendu dans le sujet du vendredi 22 mai / J -24).
(de gauche à droite : Gilles Fournier - directeur délégué du Salon, Emeric d'Arcimol - commissaire général du Salon du Bourget,
Marwan Lahoud -directeur du GIFAS, et le Général Pierre Bourlot, délégué général du GIFAS)
Le GIFAS est le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales - cela fait d'ailleurs 40 ans cette année qu'elle apparaît sous cette dénomination.
Au début de l'aviation, les rares industries aéronautiques (mais peux t-on réellement employé ce terme d'industries aéronautiques pour cette époque quand l'aviation était considérée comme un sport ?) étaient sous la tutelle de l'industrie automobile. 
Le véritable acte de naissance de l'industrie aéronautique française date du 11 janvier 1908, où des pionniers de l'aviation, comme Gabriel voisin, Robert Esnault-Pelterie, Louis Bréguet, Louis Blériot (qui n'a pas encore traversée La Manche), décident la création d'une chambre syndicale des industries aéronautiques.
Toujours en 1908, d'autres industriels constructeurs d'aéroplanes, décident de créer l'Association des Industries de la Locomotion Aérienne, et organisent en 1909, le premier salon aéronautique au Grand Palais (rappelez-vous du centenaire du Salon du Bourget en 2009 ;-) ).

La logique étant ce qu'elle est, c'est tout naturellement que ces deux groupes vont fusionner ensemble en juillet 1910 - elle gardera le nom de Chambre Syndicale des Industries Aéronautiques. Elle sera présidée par Robert Esnault-Pelterie et André Granet, qui avait organisé le premier salon aéronautique, en sera le secrétaire général. 
En 1936, elle devient l'Union Syndicale des Industries Aéronautiques (USIA).
En 1958, suite au lancement de Spoutnik l'année précédente et au véritable début de l'ère spatiale, la Chambre Syndicale des Industries Aéronautique ajoute l'Espace comme domaine de compétence et devient en 1961, l'Union Syndicale des Industries Aéronautiques et Spatiales (USIAS). Et c'est le 17 juillet 1975, qu'elle prend le nom de GIFAS.

L'industrie aéronautique et spatiale est une des industries les plus importantes en France, et la plus importante en exportation.
Fin 2014, le chiffre d'affaire de celle-ci était de 50,7 milliards d'euros (+ 3%) dont 33,1 milliards à l'exportation (+ 6%).
Elle emploie 180 000 personnes en emploi direct (plus de 310 000 avec les sous-traitants).
Aujourd'hui, le GIFAS regroupe près de 350 entreprises (de la multinationale à la PME) en fédération et qui sont spécialisées dans l'étude, le développement, réalisation, commercialisation et maintenance de programmes aéronautiques et spatiaux. 
Son domaine de compétence concerne les avions et hélicoptères civils et militaires, moteurs, missiles et armement, drones, satellites, lanceurs spatiaux, les grands systèmes aéronautiques, de défense et de sécurité, les équipements, les sous-ensembles et les logiciels associés.

Les membres du GIFAS sont répartis en membres actifs et associés.

Il y a trois catégories de membres actifs :

-  Constructeurs et systémiers comme Airbus Group, Dassault Aviation, Arianespace, Thales, Safran, ...
- Fabricants d'équipements embarqués comme Aerolia, Daher-Socata, Latecoère, SAGEM, Safran, Messier-Bugatti-Dowty, ...
- Les PME réunies pour défendre leurs intérêts spécifiques.

Les membres associés incluent les pôles et les clusters des filières aéronautiques et spatiales en région.


Le GIFAS a trois missions majeures :

- Représentation et coordination, avec la mise en place de de groupes et commissions, afin d'être le représentant des industries auprès des instances nationales, internationales, publiques ou privées. Cela permet aussi une meilleure harmonisation des procédures techniques et une meilleure coordination des activités commerciales et industrielles.
- Etude et défense des intérêts de la profession
- Promotion et formation, qui est un des chevaux de bataille du GIFAS, avec sa participation à des salons internationaux, organisations d'expositions, prospection, informations, communications sur les métiers de la filière aéronautique et spatiale (voir l'Avion des Métiers) et bien sûr, l'organisation du Salon Aéronautique et de l'Espace du Bourget).

Le GIFAS est membre de plusieurs organismes, comme le CIDEF, le CORAC, le COSPACE, le Medef, 

Le GIFAS est aujourd'hui présidé par Marwan Lahoud, actuel directeur général délégué à la stratégie et Marketing chez Airbus Group.

Site du GIFAS : www.gifas.asso.fr 
Site de l'Avion des Métiers : www.aviondesmetiers.com 

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Les avions ont gagné, regagné le Hall 39-45 dont l'ouverture au public aura lieu normalement en juin. La scénographie intérieure est en train de se mettre en place.

Le démonstrateur Airbus Eurocopter X3 a été sorti du Hall Concorde (il était coincé au fond du Hall depuis des moins par les avions du Hall 39-45 et les visiteurs ne pouvaient pas le voir, juste l'apercevoir). Il sera exposé sur le tarmac pendant le Salon à proximité de l'ancienne tour de contrôle (là où se trouvait le pavillon Breitling des années précédentes - mais qui sera absent cette année). Il est pour l'instant présenté sous un abri (qui sera peut-être enlevé pendant le salon).

Il a été confié au Musée de l'Air et de l'Espace en juin dernier - voir article sur la cérémonie de remise en cliquant sur ce lien en jaune.

Le X3 avait été une des vedettes du Salon 2011.

(Photo datant de ce 21 mai juste après son installation sur le tarmac)
(Salon du Bourget 2011)

C'est aussi aujourd'hui qu'a débuté la pose des trois statues de la façade de l'aérogare du Musée de l'Air et de l'Espace qui avait été descendues afin d'être restaurées pendant les travaux sur ladite façade.

C'est par la statue du haut que cela a commencé mais un ennui technique (apparemment la tige de support de la statue sur son socle n'était pas assez longue - ou le trou pour insérer celle-ci était trop court), et après plusieurs montées et descentes, la mise en place a été suspendue et reprendra demain. La remise en place effective de toutes les statues est normalement prévue pour mardi prochain. 
Quelques photos de la tentative d'aujourd'hui, qui montre l'ampleur de la difficulté du travail à accomplir.
''C'est comme assister à la construction d'une cathédrale'' m'a dit un des responsables de la restauration.

L'Association des Journalistes Professionnels de l'Aéronautique et de l'Espace (AJPAE) a remis ce soir ses Prix Icare et Icare International ce soir à l'Aéro-Club de France.

Ce sont Didier Evrard, responsable du programme Airbus A350 et Jean-Jacques Dordain, directeur de l'ESA qui représentait l'équipe de Rosetta, qui sont les récipendiaires de ces prestigieux prix (j'y reviendrai la semaine prochaine).

Crédit Photos : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Sources : GIFAS (merci au Général Pierre Bourlot)

mercredi 20 mai 2015

J - 26 / Salon du Bourget 2015 - mercredi 20 mai


Il existe un souvenir de la traversée de l'Atlantique de Charles Lindbergh qui n'est visible que pendant le salon du Bourget, et que bien peu de visiteurs connaissent.

Ce 20 mai 1927, à 07h52 (heure locale), Charles Lindbergh à bord du Spirit of St.Louis décolle depuis l'aérodrome Roosevelt de Long Island, tout près de New York. Son objectif : traverser l'Atlantique et arriver à Paris.

Depuis les débuts de l'aviation, la traversée de l'Atlantique est un exploit que beaucoup d'aviateurs rêvent de réaliser. En fait, la véritable première traversée de l'Atlantique va venir assez vite. Blériot traverse la Manche en 1909, Garros traverse la Méditerranée en 1914, et la première traversée de l'Atlantique sera faite dès 1919, même si beaucoup de personnes pensent que c'est Lindbergh qui a réalisée la première traversée.
Les 14 et 15 juin 1919, le Capitaine John Alcock et le Lieutenant Arthur Brown traversent l'Atlantique à bord d'un bombardier Vickers Vimy IV. Ils partent de Terre-Neuve au Canada et rallieront Clifden en Irlande après un vol de 15 heures et 57 minutes à une vitesse moyenne de 200 km/h et une distance parcourue de 3 500 km.
John Alcock se tuera quelques mois plus tard (18 décembre 11919) en Normandie en se rendant à une présentation aéronautique à Paris et devant atterrir au Bourget.
(Décollage d'Alcock et Brown)
Le 19 mai 1919, Raymond Orteig, propriétaire d'une chaîne d'hôtels, offre un prix de 25 000 $ au premier aviateur allié (nous sommes à la sortie de la guerre) qui réalisera la première traversée de l'Atlantique sans escale en Paris et New York ou New York et Paris. Et c'est certainement une des raisons qui expliquent que peu de personnes connaissent les noms d'Alcock et Brown comme premiers aviateurs ayant traversé l'Atlantique : ils sont deux, et surtout ils partent et arrivent de/à des localités très peu connues.

Au début des années 1920, le temps des grandes expéditions aériennes se met en place, avec les rallyes par exemple. Mais personne n'a encore relevé ou réussi le défi. Prévu à l'origine pour une durée de 5 ans, le prix Orteig est remis en jeu en 1924.

Il faudra attendre 1927 pour que les choses s'accélèrent et aussi, hélas, un tragique accident, qui va accroître la popularité de Lindbergh, en France, aux Etats-Unis mais aussi dans le monde entier.
Le 8 mai, Charles Nungesser, As de l'aviation de la première guerre, et François Coli, décollent du Bourget à bord de ''l'Oiseau Blanc'' pour une traversée Paris - New York. Les français suivent avec un très grand intérêt cette tentative, qui se termine tragiquement avec la disparition de l'avion et de son équipage. C'est l'autre grande raison qui fait que Lindbergh a reçu un véritable triomphe à son arrivée au Bourget.
(Carte postale d'époque)
(Timbre hommage à Nungesser et Coli émis lors du Salon du Bourget 1967 / ici, enveloppes signées par les artistes)
Charles Lindbergh s'était bien préparé à cette traversée. Il a d'abord fait construire un appareil dédié spécialement à cette mission : le Ryan Spirit of St.Louis appelé aussi Ryan NYP (New York - Paris). L'appareil doit son nom de baptême à la ville de St Louis d'où beaucoup de donateurs avaient participé et aussi à la localisation de la loge maçonnique de Lindbergh (la franc-maçonnerie américaine est quelque peu différente de celle rencontrée en Europe).

L'appareil mesure 8,41 mètres de long pour une envergure de 14 mètres. Il pèse 975 kg à vide pour une masse totale embarquée de 2 330 kg et est motorisé par un moteur Wright Whirlwind J5-C 9 cylindres de 223 ch. Il n'est équipé que du minimum pour embarquer le plus possible de carburant (un réservoir de  1 440 litres), qui se trouve devant lui entre le moteur et le cockpit, ce qui fait que Lindbergh n'a aucune visibilité vers l'avant (se servant de deux petites fenêtres sur les côtés et d'un périscope). Il n'y a également pas de parachute ni de radio.

Après avoir décollé, il remonte vers le nord vers Terre-Neuve avant de traverser l'Atlantique en solitaire, ce qui lui vaudra le surnom d'Aigle solitaire). Il aborde la côte irlandaise le 21 mai vers 17h puis atterrit finalement au Bourget à 22h22 devant une foule ENORME, immense de près de 200 000 personnes ! 
Il sera reçu comme une star à Paris - mais là, je vous laisse lire et relire son aventure, notamment avec son autobiographie.


(Timbre sur les 50 ans de la traversée de l'Atlantique émis lors du Salon du Bourget 1977)
(Timbre émis en 2000 signée par les artistes créateur du timbre et de l'enveloppe)
Il existe donc un souvenir de ce vol qui n'est visible par les visiteurs que lors de chaque salon, à condition de savoir où chercher et de le trouver, car avec la foule immense qui se presse à chaque édition, cela n'est pas évident.

Il s'agit d'une plaque gravée, pierre gravée, qui se trouve sur le tarmac, au fond, à un endroit habituellement fermé au public, sauf pendant le salon. Il faut aller vers l'accès à la piste de démonstration. Pour ceux qui ce souviennent, vous trouverez la plaque au sol bien après le pavillon Breitling, sur la partie du tarmac en face où sont exposés les gros avions type Boeing, Airbus, etc ... Lors de cette édition, j'essaierai de refaire des prises de vues (celles-ci ne sont pas géniales) et de vous indiquer précisément où se trouve cette plaque commémorative.

Pour la petite histoire, lors de l'édition de 1967, le président américain Lyndon B. Johnson demanda à Charles Lindbergh de le représenter sur place au Salon, notamment pour les 40 ans de la traversée. Invitation que déclina poliment Lindbergh.

Le Spirit of St.Louis se trouve aujourd'hui au National Air and Space Museum (NASM) de Washington DC. Plusieurs répliquent existent et Le Bourget a eu la joie d'en accueillir plusieurs lors de manifestations aéronautiques.

(Après sa traversée, Charles Lindbergh resta pilote, pour quelques temps, de l'US Air Mail)
(enveloppes ayant voyagé dans la réplique du Spirit of St. Louis
et signées par le pilote Verne Jobst
)
En 2002, pour les 75 ans de cette traversée, le petit-fils de Charles Lindbergh, Erik, réédite l'exploit, à bord cette fois d'un avion plus récent.

(Réplique du Spirit of St. Louis lors du meeting du centenaire de l'aérodrome du Bourget le 13 juillet 2014
(Timbre dessiné par le célèbre artiste Paul Lengellé et gravé par Claude Jumelet)
Crédit : Collection et Photos
             Stéphane sebile / Spacemen1969
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