lundi 4 mai 2015

J - 42 / Salon du Bourget 2015 - lundi 4 mai


Lors du Salon de 1957 (24 mai au 2 juin), les fusées attirent beaucoup les spectateurs. On parle beaucoup de fusées à cette période, et pourtant, il n'y a eu pour l'instant aucun lancement en orbite d'un objet. Quelques mois après la fin du Salon, les russes enverront le premier satellite artificiel le 4 octobre, Spoutnik. La véritable course à l'espace débutait ...

La ''véritable vedette'' de cette édition 1957 est l'ATAR Volant.
Contrairement aux idées reçues, l'ATAR Volant doit son nom, non pas par un acronyme dédié à l'appareil en soit, mais au réacteur développé par la SNECMA qui est la partie principal et essentiel de l'ATAR Volant (même si à l'origine ATAR est bien un acronyme signifiant Atelier Technique Aéronautique de Rickenbach - entreprise allemande spécialisée dans les réacteurs et dont le responsable, le Dr Östrich, vint avec ses équipes travailler avec la SNECMA à la fin de la seconde guerre mondiale.

Les premières études de décollage vertical eurent lieu dès 1953 avec le turboréacteur ATAR 101D.
Un premier prototype - le C400 P1 (et non C3 PO ;-) ) avec un châssis à roulettes intégré au turboréacteur 101DV de 2 900 kg de poussée (qui était donc simplement renversé à la verticale) a été construit. Il fît un premier vol, sans pilote, simplement téléguidé le 13 juillet 1956.
Devant le succès des tests, on construisit un autre prototype, le C400 P2, avec une cabine de pilotage ouverte au sommet du turboréacteur et d'un siège éjectable. Le premier vol eut lieu le 14 mai 1957 avec le pilote d'essais Auguste Morel aux commandes.
L'ATAR Volant effectua de très nombreuses démonstrations lors de ce Salon 1957.
Cet appareil fut remplacé par le C-450 Coléoptère (mais nous y reviendrons).

L'ATAR Volant C400 P2 se trouve au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget dans le Hall des Prototypes.
(Crédit : SNECMA)
L'ATAR Volant au Musée de l'Air et de l'Espace / d'autres photos plus bas

Lors de ce Salon 1957, la France avec l'ONERA, qui était à l'époque l'Office National d'Etudes et de Recherches Aéronautiques (créé en 1946, il deviendra l'Office National d'Etudes et de Recherches Aérospatiales en 1963), présente plusieurs types de fusées de recherches, comme :

- Maquette d'une fusée tri-étage - l'ONERA 2012 - dont le premier exemplaire effectua son premier vol le 28 octobre 1957 à l'Île du Levant. La 2012 mesurait 8,80 mètres de long pour un poids de 927 kg. C'est l'ancêtre des lanceurs Bérénice et Antares.
Photo Presse (papier argentique) n°39.962 du 31 mai 1957 / Agence Intercontinentale

- Modèle dit ''fusée de Tintin'' qui a été, d'après la légende de la photo de presse, testé à Hammaguir.
Photo Presse (papier argentique) n°39.963 du 31 mai 1957 / Agence Intercontinentale

(L'ATAR Volant en vedette avec une fusée Vanguard sur cette carte-montage de 1958)
(Flamme-annonce postale du Salon de 1957)

Crédit : Collection et Photos Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace






dimanche 3 mai 2015

J - 43 / Salon du Bourget 2015 / dimanche 3 mai


Nostalgie ... Quelques vues des pavillons CNES et ESA en ... 1987 / Le B-1 était ''une des vedettes'' de ce Salon.
(Photos de presse de l'époque / pas d'indication d'éditeur sauf la date)

Une des autres ''grandes vedettes'' de ce Salon 1987 est la présence du Rafale A qui avait effectué son premier vol moins de un auparavant, le 4 juillet 1986.
Développé dès 1978 sous le nom de Programme ACX sous la direction de Jean-Claude Hironde, le Rafale est un avion de combat polyvalent qui doit répondre aux besoins de l'Armée de l'Air et de la Marine. Le nom de Rafale est un ''hommage'' au premier avion à réaction de chez Dassault, le MD 450 Ouragan.
(le MD 450 Ouragan au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget)
La construction du  prototype, nommé Rafale A, commence en mars 1983, et l'avion est terminé et présenté chez Dassault, à Saint-Cloud, en décembre 1985.
Il effectue son premier vol aux mains du pilote d'essais Guy Mitaux-Mourouard le 4 juillet 1986 à Istres (sur la BA 125).
(le pilote d'essai Guy Mitaux-Maurouard)
Il est donc très attendu par le public de ce Salon 1987. D'autant que lors de ce même Salon, le Président de la République François Mitterrand annonce que le Rafale équipera l'Armée de l'Air et la Marine.
Prototype au Salon 1987

Il y aura donc une version pour l'Armée de l'Air, le Rafale A et une version pour la Marine baptisé Rafale M (même si celle-ci a un temps opté pour le F/A-18E Super Hornet en remplacement de ses Crusader et Super-Etendard).

Le Rafale atteint Mach 2 le 4 mars 1987 et des simulations d'appontage sur le porte-avions Clemenceau sont effectuées en avril de la même année (pour les plus jeunes de nos lecteurs, le Clemenceau était, avec le Foch, nos deux porte-avions nationaux à l'époque, remplacé depuis par le Charles de Gaulle).
(Simulation d'appontage / Crédit : Dassault International)
Le 24 janvier 1994, après son 867ème vol, le prototype du Rafale A est retiré du service. Il est actuellement au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget.

Il y aura d'autres Rafale de tests : 

- le C01, différent sur beaucoup de points par rapport au Rafale A, car devant répondre à des spécificités de ''discrétion radar'' - C correspondant à Chasseur - Il avait une livrée noire.
Le C01 effectuera son premier vol le 19 mai 1991.

- Le B01 qui est biplace et sensiblement identique au C01. Il effectue son premier vol le 30 avril 1993.
(Rafale B01 au Salon du Bourget 1993)
- Les Rafale M01 et M02 destinées aux tests pour la Marine Nationale. Le M01 effectue son premier vol le 12 décembre 1991 et M02 le 8 novembre 1993.

Pendant des années, le Rafale est resté exclusivement français, ne se vendant pas à l'étranger, mais cette année 2015 est une année faste pour l'avionneur Dassault (et toutes les entreprises qui travaillent sur cet appareil) avec l'annonce de plusieurs commandes internationales :

- Le 24 février, l'Egypte a annoncé une commande de 24 appareils
- Le 10 avril, l'Inde annonce une commande de 36 appareils
- Fin avril, le Qatar annonce une commande de 24 appareils

Le Rafale a fait ses preuves lors d'Opérations Extérieurs sur différents terrains d'interventions : Afghanistan, Lybie, Opération Serval au Mali ou plus récemment l'Opération Chammal en Irak.

D'un coût unitaire autour de 70 millions d'euros (en fonction des versions C, B ou M), le Rafale a été commandé à 286 exemplaires par le Ministère de la Défense, dont 141 ont déjà été livrés.

Le Rafale fait vraiment partie des ''chouchous'' lors du Salon du Bourget et autres manifestations aéronautiques, où le public apprécie vraiment les démonstrations en vol de celui-ci.

Fin juin, début juillet 2014, le Capitaine Claire M. (nom de code ''Sharon''), 28 ans, est devenue la première femme pilote de Rafale dans l'Armée de l'Air.

La première, et seule à ce jour, représentation d'un Rafale sur un timbre français, date de 2003 avec l'émission d'un timbre consacré au porte-avions Charles de Gaulle - en phase de catapultage.
(Carte 1er Jour du timbre signée par le créateur et aussi peintre officiel de la Marine Pierre Courtois)


(le prototype lors de l'exposition 100 ans Aéro-Club de France en 1998 sur Les Champs-Elysées)
Salon du Bourget 2009

Cedric Ruet, pilote de démonstration du Rafale au Salon 2009

Salon du Bourget 2013

(Défilé aérien du 14 juillet 2014)
(Le prototype Rafale A aux ateliers de restauration du Musée à Dugny en 2009)

Le prototype Rafale A avec le Super 4000 dans le Hall Concorde en 2010


Crédit Photos et documents : Stéphane Sebile / Spacemen1969
                                              Space Quotes - Souvenirs d'espace
 Rencontre avec Jean-Claude Hironde, le ''père du Rafale'' - Space Quotes - Souvenirs d'espace (mai 2014)




samedi 2 mai 2015

J - 44 / Salon du Bourget 2015 - samedi 2 mai


Jean Colin (1925 - 2015)

Nous avons appris la disparition du Médecin-Général (à la retraite) Jean Colin, la semaine dernière à Brest, à 90 ans.

Jean Colin a été un des pionniers de la médecine aéronautique et spatiale en France.
Dans les années 1960, il a travaillé sur les effets de la très haute altitude sur les pilotes de chasse et a développé des combinaisons stratosphériques partielles spécifiques pour les pilotes de Mirage IIIC et Mirage IV.

Il a testé lui-même plusieurs de ses combinaisons, dont une - la EFA 30 - qui lui permit de rester une heure à une altitude simulée de 30 000 mètres.

Les premières combinaisons véritablement stratosphériques arrivent en France en 1959 avec la EFA 22A accompagnées d'un casque spécifique aussi, le EFA type 12.

Puis avec l'arrivée en 1961 des premiers Mirage IIIC en escadrille en France (le 1/2 ''Cigognes''), la combinaison EFA 30 se généralise.

A la fin des années 1970, Jean Colin est impliqué dans le processus de sélection des premiers astronautes français Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry - il s'occupera aussi de la sélection de 1985.

Il a travaillé avec Claudie Haigneré dont il a été un des Professeurs de médecine à la Faculté.

Auteur de nombreux ouvrages sur la médecine aéronautique et spatiale (dont certains avec un autre pionnier, Jean Timbal), il est vraiment un des précurseurs de la médecine spatiale actuelle.

Il avait participé à de très nombreuses conférences et colloques dont ''les entretiens de la médecine aérospatiale'' lors du Salon du Bourget 1991.

Certains de ses ouvrages sont connus des passionnés de l'espace, même si son nom reste inconnu pour beaucoup :

- La Protection du personnel naviguant contre les effets de la très haute altitude
  Revue des Corps de Santé de l'Armée de l'Air en 1960
- Essai du scaphandre aérien DTI Type 101A
  Rapport CEV (Centre d'Essais en Vol) 1/71.211 du 15 juillet 1963
- Physiologie du cosmonaute - Que Sais-Je n°1198 (PUF) en 1965 (avec Yvon Houdas)
- Histoire de la médecine aéronautique / de 1590 (mal des montagnes) à 1969
  Ecole d'application du Service de Santé de l'Armée de l'Air
  Fascicule de 21 pages publié en 1983
- Médecine Aérospatiale avec Jean Timbal
  Soframas (SOciété FRAnçaise de Médecine Aérospatiale) en 1999

(Combinaison EFA 30 - à gauche - au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget / Hall Cocarde)



Combinaisons de Jean Colin
Musée du Service de Santé des Armées au Val de Grâce à Paris

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace

vendredi 1 mai 2015

J - 45 / Salon du Bourget 2015 - vendredi 1er mai


Une des grandes nouveautés spatiales du Salon sera la présence de la société Astroscale qui est une entreprise japonaise créée en 2013 à Singapour par Nobu Okada, qui en est aussi le directeur général, et qui se destine au ramassage de débris en orbite.
La gestion des débris spatiaux est un des grands défis de l'astronautique actuelle et future et le marché du traitement de ces débris est appelé à se développer.
(Logo de la société Astroscale sur ce dessin / crédit : Astroscale)
Astroscale devrait présenter un prototype de satellite ''nettoyeur'' - appelé ADRAS-1 - qui pourrait être opérationnel pour des premiers essais en 2017. Le projet sera présenté durant le Salon sur leur stand qui se trouvera au Hall 6 (B36). Le principe est la récupération ''capture'' de ces débris et de les placer sur une orbite non dangereuse pour les autres satellites et/ou de les détruire lors d'une rentrée atmosphérique contrôlée.
En février dernier, Astroscale a annoncé avoir réuni les fonds nécessaires - près de 8 millions de $ - pour le premier prototype.



Un ''vaisseau-mère'' (mothership) emportera les petits satellites - appelés ''Boy''. Il pourra emporter jusqu'à six ''boy''. Il y en aura un seul exemplaire lors du premier test et l'ensemble sera ''accroché'' à un autre satellite lors d'un lancement en 2017.
Le ''boy'' possède sur le devant un disque composé de silicone adhésif qui pourra capturer jusqu'à des débris de 100 kg.
Il sera guidé par le ''mothership'' qui possédera  un GPS couplé à un Star Tracker et à un ACDS (Attitude Determination Control System).

Informations données à titre indicatif d'après celles reçues par Astroscale (elles n'engagent que la société / je ne fais que relayer à titre informatif).

Crédit : Astroscale